C’est quoi un « Mandala » ?

– Dans la spiritualité hindouiste et bouddhiste :

« Mandala » est un mot sanskrit signifiant « cercle« , et même dans certains, cas, « cercle magique ».

Dans l’art hindou et bouddhiste, le mandala est une représentation de l’Univers. Dans le tantrisme hindou et bouddhique, le mandala est un diagramme symbolique représentant l’évolution et l’involution de l’Univers par rapport à un point central.

Traditionnellement, sa fonction première est d’accompagner la méditation.
En ce sens, un mandala est un espace sacré. Tout en récitant des formules sacrées, le méditant se concentre sur le centre de cet espace sacré : le centre est assimilé symboliquement au centre des énergies cosmiques.
Le but de cette méditation en mouvement est d’intégrer le Tout.
Le centre du mandala est désigné sous le terme de « bindu », le point, qui symbolise le mont Meru, mont mythique représentant l’Axe du Monde,  selon la spiritualité hindouiste.
Au centre du mandala trône la divinité, accompagnée d’un cortège d’autres déesses et de dieux, et surplombé d’un dôme représentant le mont Meru.

 

Le mandala peut être petit ou très grand – parfois, de la taille d’un temple ! -, peint sur du bois, ou gravé sur du bois ou sur du bronze ; ou bien, il peut être dessiné sur le sol avec des pigments en poudre (ce sont les « kolams » que l’on voit en Inde du sud).

– Le mandala existe sous forme naturelle dans l’Univers :

 

 

 

– Créer des mandalas dans la nature : faire du « land art » est à la portée de tout le monde !!

 

 

 

– Les mandalas en Inde du Sud : on les appelle des Kolams

Un kolam est un motif d’inspiration géométrique tracé à même le sol, avec de la poudre de riz (pour éloigner les insectes, qui vont rester devant la maison pour manger le riz…) et des poudres de couleur : il est dessiné à l’entrée des maisons et des commerces en guise de bienvenue et pour porter chance et protection.

De nature éphémère, les kolams sont dessinés chaque matin à main levée en laissant la poudre s’écouler sur les formes du dessin tracées avec de la poudre de riz (blanche, donc).
Ils sont créés chaque matin devant l’entrée des maisons afin d’apporter la prospérité.

Ces créations quotidiennes constituent ainsi une offrande au jour qui se lève, un rituel de sanctification et de protection de la maison, un signe de bienvenue, et une invitation aux divinités.

La géométrisation des formes est caractéristique du kolam ; la dextérité manuelle s’y double d’une pensée mathématique. Alchimie de l’art et de la nature par l’intelligence des formes, le Kolam mêle ainsi mystique et mathématique.

Réalisés par des femmes, les kolams sont légués exclusivement par les mères, les sœurs et les grands-mères à leurs filles et petites filles.

(source : Wikipedia)

 

Cliquez ici pour lire mon article !!

 

 

– Quelle est la signification symbolique et psychique du mandala ?

– Selon C.G. Jung :

Le mandala décrit et symbolise la totalité psychique. La fonction transcendante a pour moteur le symbole vivant et pour véhicule le rêve.
Mais c’est surtout l’inconscient qui intéresse Jung, qui ne néglige pas non plus le côté historique et symbolique des mandalas, figures de représentation très anciennes. Jung explique que leur confection a un effet apaisant pour l’âme, que leur contemplation apaise les tensions, procure le sentiment d’un ordre et donne un sens à la vie.

Les mandalas sont aussi des instruments d’évolution.

“Ce sont des yantras ou des instruments rituels destinés à la contemplation, et à la transformation finale de la conscience personnelle du yogin en conscience divine universelle.”
(in Psychologie et religion)

L’intérêt de Jung va principalement vers les mandalas qui apparaissent dans les rêves et dans les dessins. A travers le rêve, l’inconscient produit un symbole naturel.

La fonction du mandala est, pour Jung, d’être un représentant dont « la signification fonctionnelle » est celle « d’une réconciliation des contraires, donc d’une médiation »

(in Psychologie et religion)

Le mandala est, pour Jung, le résultat d’une élaboration effectuée grâce à la coopération entre l’inconscient et le conscient.

La configuration en forme de mandala apparaît souvent dans des situations de trouble, de désorientation et de perplexité  : le mandala apparaît alors comme une compensation de l’angoisse :

Il représente « un schéma ordonnateur qui vient en quelque sorte se poser sur le chaos psychique et et contribue à maintenir dans leur cohésion, grâce au cercle qui délimite et protège, les éléments d’une totalité en danger de se perdre dans un vague indéterminé »
(in Un mythe moderne)

Notre époque étant caractérisée par l’angoisse, la désorientation, la perplexité, le mandala apparaît de plus en plus comme un “symbole psychologique de la totalité” :

“Comme le mandala décrit et symbolise la totalité psychique, la protège et la défend contre l’extérieur et cherche à concilier les oppositions intérieures, il constitue un véritable symbole de l’individuation ; et comme tel il était déjà connu chez nous dans l’alchimie médiévale.”

(in Un mythe moderne).

 (Source : https://www.cgjung.net/espace/cg-jung/mandalas-symboles/)

 

Pour en savoir plus sur le processus jungien d’individuation et ses relations avec l’astrologie humaniste :

Processus d’individuation et astrologie, par Christophe Guillaume, astrologue du site Passion Astrologue

 

– Selon Alejandro Jodorowsky :

Jodorowsky a étudié intensément le Tarot de Marseille : pour lui, grâce au tirage de plusieurs cartes, « on compose avec le Tarot une figure qui est comme un mandala, qui permet d’embrasser le Tarot tout entier d’un seul regard ».

– Pourquoi colorier un Mandala ?

– Parce que cela nous aide à :
  • unifier les dualités et les contraires
  • nous ré-harmoniser
  • revenir dans notre centre pour nous re-centrer
  • mieux nous concentrer
  • nous apaiser
  • nous stabiliser
  • nous sécuriser
  • rééquilibrer les deux hémisphères de notre cerveau
  • activer notre créativité
  • focaliser notre attention sur le moment présent
  • évoluer vers une meilleure connaissance personnelle
– Dans quelles situations cette expérience est-elle propice ?

Lorsqu’on a besoin de :

  • faire le point : dans un moment de crise, de souffrance, de maladie…
  • s’arrêter
  • faire une pause
  • se réconcilier avec soi et avec la Vie

C’est un outil à la fois créatif et thérapeutique.

 

L’entrée dans le cercle change notre niveau vibratoire. Il peut servir de soutien pour la méditation.
Pour moi, colorier un mandala est un acte purement méditatif !! C’est une expérience relaxante, qui nous renvoie à la relation que nous pouvons avoir avec le temps, avec le faire et le non faire, et donc avec l’être : on peut ressentir de l’ennui… ou au contraire ne pas voir le temps passer !!

 

C’est important de jouer le jeu : essayez, vous verrez ce que l’expérience vous apporte !!
Pensez à bien identifier votre état intérieur avant et après avoir colorié le mandala : le coloriage peut vraiment transformer un état ordinaire en un état plus harmonieux.

 

Il suffit de quelques crayons de couleur, ou de quelques feutres, et de se donner le temps de le faire : il s’agit d’une oeuvre en mouvement qui nous montre combien le temps et l’espace sont liés….

On peut choisir de commencer par le centre pour aller vers la périphérie, ou faire le contraire. Ou encore commencer par n’importe quel endroit, papillonner… L’essentiel est que cela  ait pour effet de nous recentrer et non de nous disperser, bien sûr !!
Les espaces libres dans les dessins permettent – si on le souhaite – d’ajouter un message personnel, d’écrire un mot ou une intention (« Sankalpa »).

 

Le coloriage d’un mandala est au service de notre guérison, et, plus généralement, de notre équilibre global corps-esprit.

 

– Partager l’expérience du coloriage d’un mandala :

 

Cette année, le thème de mes cours de Hatha Yoga est la concentrationDharana ») : j’ai voulu partager cette expérience du coloriage de mandala avec mes élèves. Alors un beau jour, je leur ai demandé de venir avec des feutres ou des crayons de couleurs, et je leur ai distribué des mandalas vierges…. à colorier !!
A la fin d’une séance, pendant une dizaine de minutes, nous avons commencé le coloriage tous ensemble , dans mon Studio de Yoga…
Je leur ai suggéré de continuer chez eux, s’ils le désiraient : certains se sont vraiment pris au jeu !! Et parmi eux, certains ont accepté de témoigner. Je les remercie sincèrement, non seulement d’avoir contribué à embellir mon studio de Yoga – j’ai fait une petite expo avec leurs œuvres : j’adore ! – mais encore, d’avoir réussi à exprimer leurs ressentis après cette expérience qui, certes, n’est pas orthodoxe : si l’on s’attend à ne pratiquer strictement que des postures de Hatha Yoga en venant à mes cours, on risque d’être un peu déçu.e…. Le Hatha Yoga n’est pas juste une gymnastique, même intelligente… ! mais un ensemble de pratiques et de techniques nous permettant de modifier notre état de conscience.
Pour moi, colorier un mandala est une attitude préparatoire qui nous mène à ce que que Sri Aurobindo nommait « l’état de yoga », c’est à dire un état d’union : avec soi, avec les autres, avec le monde, avec l’Univers, avec le Divin, avec la Source de toute chose… qui est aussi en soi, alors qu’on l’oublie bien souvent.

 

– Mon expérience personnelle de coloriage d’un mandala :

Un jour, j’étais en train de feuilleter  mon « Cahier de Gratitude » rempli de pensées positives et de bonnes idées pour nous rendre la vie plus belle, et là, je suis tombée sur une double page blanche… couverte de petites dessins fleuris en noir. Le cahier me suggérait simplement… de colorier les dessins !! Oups… quoi ? Faire du coloriage ? A mon âge ? Ah… j’ai eu comme un blanc mental : l’idée ne m’avait encore pas traversé l’esprit….

Ce jour là, je me sentais désoeuvrée, je n’avais envie de rien, moi qui habituellement suis toujorus dans l’action ou dans l’élaboration de quelque projet – construire mes cours, penser, écrire, créer… mais ce sont des occupations qui au bout d’un moment me fatiguent !! C’est pourquoi j’ai besoin de revenir au corps  – pratiquer mes postures de Yoga, danser – ou d’écouter de la musique, mais aussi de ne rien faire, juste m’allonger, respirer, me détendre….

Ce jour là, je me suis dit : pourquoi pas ? Essaie !!
Et j’ai colorié minutieusement ces petites fleurs de toutes les couleurs. Avec des feutres pour le côté flashy. J’ai très vite retrouvé le plaisir de la petite fille que j’étais : j’ai toujours aimé colorier !! Et le résultat final m’a semblé tout simplement gracieux.
Comment je suis sentie ? J’étais heureuse et apaisée d’avoir passé un temps à faire quelque chose sans aucune finalité « utile ». Juste pour faire joli, et pour « passer le temps », mais au bout de cet exercice, je me suis sentie plus came et plus joyeuse.
Le temps du désœuvrement a été transmuté grâce au coloriage. Et j’ai pu passer à autre chose, avec plus d’énergie et d’entrain !

Le jour où j’ai proposé le coloriage de mandala à mes élèves, j’ai choisi un beau dessin avec des coeurs… 💙 💜
C’est très différent de colorier un diagramme de forme circulaire avec une périphérie et – surtout – un centre.
J’ai aimé colorier en partant de la périphérie pour aller vers le centre : vers le coeur du mandala.
J’ai aimé me laisser guider par mon intuition pour les choix des couleurs, et je trouve le résultat harmonieux ! Je me suis surprise à ne pas être aussi méticuleuse que je peux l’être : par exemple, j’ai beaucoup « dépassé », chose que je n’aurais jamais accepté quand j’étais petite : c’était pour moi une hérésie !!
Colorier un mandala me rassemble dans mon centre, dans la dimension de l’être et non du faire : car, même si colorier est une action, elle n’a aucun but en soi. Si ce n’est de nous guider vers le centre de notre être : et ça, ce n’est pas « rien »….

Le coloriage du mandala nous ramène vers une sensation d’unité, vers le Grand Tout dont nous faisons partie, vers le Tout que nous sommes…. 🔘 ⚪️ ⚫️

 

en cours d’élaboration…

 

fini ! et tellement plus joli

 

– La ronde des mandalas :

 

 

– Témoignage de Jean François :


Technique : J’ai commencé par le centre , en allant du plus petit au plus grand cercle ; choix du crayon de couleur par facilité et par obligation (les crayons appartiennent aux petits enfants , pour les vacances) ; le crayon me paraît plus doux , moins tranchant que le feutre ; le choix des couleurs se fait au fur et à mesure , principalement dans les tons bleu et mauve (couleurs que j’aime bien en ce moment).


Ressenti : grande implication pendant le cours de yoga , impression de force, de concentration, de « travail » de groupe ; surpris d’être autant concentré ; envie de continuer malgré la « récré ». A la maison je ne l’ai pas repris de suite, intentionnellement et par manque de temps aussi : je voulais voir si le charme continuait…

Quelques jours plus tard,  je m’y suis remis pour quelques cercles , un peu « mécontent » à la reprise que le nombre de « cases » augmentent, et content, par la suite , d’arriver au « bout » de chaque cercle et de vouloir poursuivre. 

J’y ai pris vraiment plaisir et le mécontentement au fur et à mesure des reprises a fini par disparaître, de même que le sentiment de perdre son temps à des  » bêtises ». Beauté des détails du motif… Coups de crayon assez rapide pas forcément appliqué dans les détails…

C’est sans doute un de mes traits de caractère : l’ensemble compte plus que l’accumulation des détails, le « travail » mené à bout importe plus.
J’ai retrouvé un peu les mêmes sentiments que lors de la préparation (et pour partie de l’exécution) des enchaînements de la fête du sport… contre-coeur (presque) au début puis bonheur à l’issue.

Effet calmant, reposant.

 

– Témoignage de Gaëlle

Voici en quelques mots mes émotions pendant le coloriage du mandala : Le mandala vierge me semblait très pur. Aussi, y ajouter de la couleur me dérangeait, je n’avais pas envie de le dénaturer. Je choisis donc seulement deux couleurs : orange et gris. Le gris n’étant pas une nouvelle couleur car tel était son aspect initial. Puis pour rendre le mandala plus lumineux, j’ai ajouté du jaune.

Le coloriage me mettait sous tension, car j’aime avoir une vue globale et je voulais avoir une idée du rendu. Il me fallait sans cesse prendre du recul, physiquement en éloignant la feuille de mes yeux et aussi au niveau de la future répartition des couleurs. Mes crayons orange et jaune allaient sans cesse du coeur à la périphérie. Puis malgré la lumière du jaune, j’ai trouvé ce mandala trop fade…

J’ai ajouté quelques touches de rouge. Le mandala avait maintenant 4 couleurs (orange gris jaune rouge), et beaucoup de blanc. Nouvelle tension ; ce mandala ne me renvoyait aucune énergie. Il manquait d’harmonie !

Alors, j’ai pris le vert, et frénétiquement j’ai colorié les petites feuilles de la couronne centrale et de la couronne extérieure. Le vert dominait. Mon mandala a alors changé d’énergie, il est devenu plus sombre, plus froid, mais aussi paradoxalement plus vivant car il y avait moins de blanc, moins de vide.

Je me suis alors saisie du violet, du rose, du bleu turquoise …et je l’ai orné comme un sapin de Noël en veillant à une certaine symétrie dans la répartition des couleurs. Au final, il me plaît et me fait penser à un bouquet de fleurs .

Mais à la question : est-ce que le coloriage d’un mandala me détend ? Je ne suis pas sûre de pouvoir répondre OUI. Je n’ai été détendue qu’à la fin quand j’ai apporté les dernières couleurs, comme des décorations…

PS : à la question que je lui pose si le mandala a été une aide pour la concentration, Gaëlle me répond : « Non le coloriage ne m’a pas aidée à me concentrer ».

 

– Témoignage de Roselyne :

Un soi, j’ai enfin pris le temps de colorier le mandala.

Dans un premier temps, quand j’ai sorti les crayons de couleurs, cela m’a fait penser à ma petite enfance... « j’aimais bien dessiner et colorier »…

Ensuite, après avoir observé les détails et la structure du dessin, petit à petit, j’ai appliqué les couleurs instinctivement. Je suis partie de l’intérieur vers l’extérieur avec application et attention puis au fil de ce chemin coloré, j’imaginais une ombrelle qui s’ouvrait, j’étais entrée dans le dessin, dans le cercle.

Mon esprit vagabondait mais dans le bon sens, sans cogitation, détendue et apaisée, je me sentais bien.

J’ai donc beaucoup apprécié cette première expérience du mandala et recommencerai sûrement, une belle découverte.

Merci Fabienne.

 

– Témoignage d’Anne Claire :

Pour moi ça été une découverte, puisque d’ordinaire je me penche plus vers des activités à la fois créatives et manuelles (jardinage-cuisine), amenant à un résultat avec de la « matière » que je peux partager avec des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt que moi ou pas.

Je connaissais les mandalas mais n’y voyais pas d’intérêt par le manque de « productivité » ou du moins la définition que j’en avais.

J’ai apprécié cette activité que tu nous as proposés, par la mise en couleurs et l’émotion que procure la découverte du résultat (progressif) au fur et à mesure que je dessine. 

Elle me procure de la joie, diverses émotions positives, notamment grâce aux couleurs en cette période hivernale.

Je trouve cette activité reposante et elle me permet de créer du lien avec mes enfants par son côté ludique et surtout par la liberté que chacun a à créer.

De proposer cette activité à cette période de l’année, est judicieux à mon sens puisque elle propice au repos et au recentrage… sans oublier la concentration

 

– Témoignage de Sue :

Cela m’a beaucoup plu de le faire, surtout la décision des couleurs à choisir.

C’était très calmant.   

 

 

– Les mandalas de Madly et de son fils Martin (5 ans) :

 

 

Quelques mandalas à télécharger : 

A vos feutres et à vos crayons : et maintenant, à vous de jouer !! 🖌 🖍🖌 🖍🖌 🖍
Cliquez sur le nom du fichier :

Aum+Mandala

Mandala+Yantra
Mandala+n°5
Mandala+n°4

Mandala+coquillage
Mandala+n°3

 

Bibliographie :
Dieux et déesses de l’Inde, de Stéphane Guillerme et Mathieu
Mandalas pour accompagner la guérison, de Claudette Jacques

50 mandalas anti stress
Merci, mon Cahier de gratitude

 

 

 


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