Le Pranayama Bhastrika selon le Hatha Yoga :

« Bhastrika » désigne le soufflet de forge. Comme le soufflet attise les braises qui rougissent le fer, dans cette technique respiratoire, le souffle attise notre feu intérieur.

Comme l’explique André Van Lysebeth, c’est l’un des exercices les plus puissants du Yoga, non seulement par lui même, mais aussi par la rétention maximale du souffle à poumons pleins qu’il requiert.
André Van Lysebeth nous recommande de pratiquer cet exercice respiratoire avec bon sens et mesure, sans hâte ni brutalité. La vitesse ne doit pas être l’objectif initial ! 😉
Grâce à une sage progressivité, l’élasticité des poumons s’accroît.

 

 

– Comment pratiquer Bhastrika ?
  • On s’installe en position assise, en tailleur ou en Diamant (= les fesses posés sur le talon).
  • La base de cette technique est la respiration complète en 3 temps, mais elle est pratiquée avec sangle abdominale contrôlée.
  • On veillera à garder la colonne vertébrale droite et immobile.
  • On effectue des respirations avec sangle abdominale contrôlée, puis on accentue l’expiration en contractant l’abdomen.
  • On accélère le rythme sans réduire l’ampleur respiratoire : l’accélération doit être progressive, pour atteindre au grand maximum 60 respirations par minute. Au début, on ne dépassera pas 40 expulsions, et on n’augmentera le rythme à la seule condition de ne ressentir aucune fatigue pendant 1 minute au moins.
  • Pendant Bhastrika, on effectue un léger blocage de la glotte (Ujjayi).
  • Après 1 minute environ, on prendra une profonde inspiration, puis on retiendra le souffle à poumons pleins en installant les 3 Bandhas (= Bandha Traya). Le souffle sera retenu selon les limites des possibilités de chacun.e.
  • On s’intériorisera en portant toute notre attention sur Muladhara Chakra.
  • A la fin de la rétention, on reprendra un peu d’air avant d’expirer lentement et à fond par la narine droite (= Pingala, narine de la polarité énergétique solaire).
– Les effets de Bhastrika :

C’est une des meilleures préparations pour Pratyahara (= le retrait des sens) et pour Dharana (= concentration), deux des huit étapes du Yoga (voir mon article les « Huit branches du Yoga », ou Ashtanga Yoga), décrites par Patanjali dans les Yoga Sutrâ.

– Les effets physiologiques :

Comme tous les exercices d’hyperventilation, Bhastrika a des répercussions profondes sur l’organisme, notamment parce qu’il produit une revitalisation de l’organisme au sens le plus strict.

➡️ Cependant, il faut manipuler Bhastrika avec précaution.

Pendant Bhastrika, le sang se sature en oxygène tandis que de grandes quantités de CO2 sont expulsées : l’exercice abaisse donc le taux de CO2 dans le sang. Il y a donc une accélération sanguine dans le cerveau.
C’est pour rétablir au plus vite le taux normal qu’on bloque le souffle à poumons pleins à la fin de l’exercice.

– Les effets praniques (= sur le Prâna, l’énergie) :

Bhastrika guide les énergies praniques à travers Sushumna (= la nadi centrale, ou canal énergétique central). L’ascension de cette énergie se trouve généralement bloquée par des nœuds (« granthis ») : la pratique de Bhastrika permet de « percer ces noeuds » et de laisser l’énergie monter vers le centre situé au sommet du crâne, Sahasrara Chakra. Les chakras sont des centres psychiques créateurs situés dans l’être humain.

– Les contre-indications :
  • les personnes en insuffisance cardiaque
  • les personnes en insuffisance respiratoire
  • en cas d’hypertension artérielle
  • les femmes enceintes

Bhastrika peut avoir des effets néfastes sur le coeur (heureusement, ces effets cessent avec l’arrêt de la pratique), mais également pour les poumons, avec un risque d’emphysème.

N’oublions pas que les alvéoles pulmonaires comptent parmi les tissus les plus délicats du corps.

 

Bibliographie :

Le Kundalini Yoga, de Guru Dharam Singh Khalsa & Darryl O’Keeffe
Pranayama, de André Van Lysebeth

 


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