Tous les exercices de respiration et de contrôle du souffle (Pranayâma) du Haha Yoga sont à expérimenter d’abord avec un.e professeur.e expérimenté.e. La prudence est de mise lorsqu’il s’agit du souffle-conscience-énergie… 🙏🏿

 

D’après son étymologie, Ujjayi signifierait « ce qui s’exprime à haute voix »  (du préfixe Ud- signifiant s’élever et « Jaya », mot désignant une ancienne forme de salut), parce que ce Pranayâma n’est pas silencieux ; ou bien encore « ce qui mène au succès », « victorieux », allusion au thorax qui doit être expansé comme la  poitrine d’un guerrier.

Ujjayi est l’un des principaux exercices de Pranayâma parce qu’il est important dans la pratique des asânas et de la Salutation au Soleil, notamment dans le sud de l’Inde. On peut même pratiquer Ujjayi en marchant ou en courant ! 😉 😊

Il me semble toutefois excessif de pratiquer cette respiration de manière continue (par exemple, tout au long de la séance de hatha yoga) : tout ce qui devient systématique  nous fige dans une pratique qui nous empêche de nous ouvrir à d’autres façons de faire et ne nous mène pas à l’équilibre ; le risque est alors d’entrer dans une routine, de pratiquer de manière plus automatique, donc avec moins de présence et moins d’attention… or le hatha yoga est une pratique d’éveil absolument anti-routine ! 😉 😊

 

– Comment s’y prendre ?
  • Ujjayi consiste à bloquer partiellement la glotte dans la gorge, ce qui va freiner aussi bien l’entrée (à l’inspir) que la sortie de l’air (à l’expir).
  • Pendant toute la durée de l’exercice, il s’agit de s’intérioriser en portant son attention sur le passage de l’air à travers les narines et sur le bruissement de l’air au niveau de la glotte.
  • On s’aide pour cela en contractant les muscles du cou, au niveau du haut des clavicules.
  • La friction de l’air engendre un son sourd et continu (petit bruissement).
  • L’inspir et l’expir seront modérément bruyantes et pratiquement au même diapason.
  • A l’inspiration, on absorbe une grande quantité d’air, ce qui a pour effet d’écarter les côtes : le thorax est légèrement bombé, comme celui d’un guerrier victorieux. La glotte reste partiellement bloquée.
  • Pendant l’expir, la sangle abdominale est contractée.
  • L’expiration doit dure au moins 2 fois plus longtemps que l’inspir.
  • Durée de l’exercice : un cycle de 10 respirations minimum,puis on se repose, et on reprend pour 4 à 5 cycles.
  • On peut pratiquer Ujjayi pendant 5 à 10 minutes, si possible tous les jours.
  • Après l’exercice, il est conseillé de se relaxer en position allongée sur le dos.
– Effets :
  • Les échanges gazeux sont améliorés.
  • Le blocage partiel de la glotte a pour conséquence d’augmenter la dépression intrathoracique pendant l’inspiration.
  • A l’expiration la pression intrapulmonaire augmente, ce qui est excellent pour les poumons.
  • Pratiqué sans rétention de souffle et en position allongée, Ujjayi est très bénéfique pour le coeur.
  • La pratique de Mula Bandha (= contraction du périnée) est indispensable pour protéger le plancher pelvien, et agit en même temps sur Muladahara Chakra (= chakra racine).
  • La stimulation des organes abdominaux stimule les centres d’énergie (= chakras) en relation avec le bas ventre : Svadhisthana Chakra et Manipura Chakra.
  • Le fait de diriger son attention sur le passage de l’air dans les narines ainsi que sur le bruissement continu du souffle a pour effet une plus grande intériorisation et réduit l’activité des pensées parasites du mental.
  • Le fait de pratiquer Ujjayi – mais de manière très atténuée – aide beaucoup à entrer en méditation.

 

– Contre-indications :

Tous les exercices de Pranayâma avec de longues rétentions sont déconseillés :

  • aux cardiaques,
  • aux personnes atteintes d’affections pulmonaires.

 

 

l’aile de la Victoire de Samothrace

 

Bibliographie :

Pranayâma, de André Van Lysebeth

 

 


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