Ceci n’est pas l’histoire du Petit Chaperon Rouge… mais une balade yoguique en forêt en compagnie de L’Œil de Lou !!  🌳  🍂  🌟 

 

Arbre parmi les arbres…

Plan 1 : Dans la forêt, j’ai rencontré un peuplier

Je tire ma révérence à la Beauté de la Nature, aux arbres mes amis, aux esprits des forêts, je salue la magie…
Dans ce bois sacré, j’ai rencontré un peuplier.
Je suis restée sous le charme de la beauté et de la majesté de ces arbres alignés à la perfection, émue par leur présence puissante, douce, secrète et sacrée.
Le peuplier est le symbole de l’arbre du peuple (son nom vient du latin « populus ») car c’était sous des peupliers que l’on prenait autrefois les décisions importantes. Traditionnellement, le peuplier est relié à l’autre monde, à la vie cyclique des âmes. C’est l’arbre de la mélancolie, du souvenir des êtres disparus, du temps passé, des larmes… Il est lié aux Enfers, à la douleur, au sacrifice. Il symbolise les forces régressives de la Nature.
Mais il est également porteur d’espoir et promesse de régénérescence.
On honore le peuplier car la double couleur de ses feuilles en fait un arbre des deux mondes : le monde terrestre et le monde de l’au delà. La mythologie grecque raconte que lorsque Héraclès (Hercule) descendit aux Enfers, il se fit une couronne de rameaux de peuplier : le côté des feuilles tourné vers lui resta clair, le côté tourné vers l’extérieur prit la couleur sombre de la fumée. Le peuplier symbolise ainsi la dualité de tout être.
On dit que méditer sous cet arbre nous aide à oublier les choses vaines pour accéder à notre mémoire profonde…
(source : http://lecameleon.wifeo.com/peuplier.php)

 


 

Plan 2 : Regarder au loin

Ne pense pas à toi, regarde au loin

Wild Window (Mies Dierdorp)

« Presque toujours le mélancolique est un homme qui lit trop. L’oeil humain n’est pas fait pour cette distance : c’est aux grands espaces qu’il se repose. Quand vous regardez les étoiles ou l’horizon de la mer, votre œil est tout à fait détendu ; si l’oeil est détendu, la tête est libre, la marche est plus assurée ; tout se desserre et s’assouplit de proche en proche jusqu’aux viscères. Mais n’essaie pas de t’assouplir par volonté ; ta volonté en toi, appliquée en toi, tire tout de travers et finira par t’étrangler ; ne pense pas à toi, regarde au loin », écrit Alain, le philosophe.

Je relis « Propos sur le bonheur » et je me dis que le philosophe était déjà, il y a presque 100 ans, l’apôtre de la pensée positive !
Dans ce passage, il est particulièrement proche de la philosophie du yoga quand il écrit qu’il s’agit d’être dans la détente sans y mettre de volontarisme : en effet, « détends toi ! » ne peut pas être une injonction ! C’est quelque chose qui vient du dedans, tout doucement, à partir du moment où l’on prend conscience de ses tensions, et que l’on désire s’en libérer.

Regarder au loin, c’est ne pas penser à soi. C’est aller au-delà des soucis du petit moi, de l’ego qui ressasse, se plaint, rechigne, pleurniche ou se fâche pour un rien. C’est ne pas penser à soi de manière restreinte, obsessive.

Regarder au loin, c’est ouvrir son regard vers les autres, vers le monde, vers plus grand que soi.
C’est vivre les fenêtres grandes ouvertes.
C’est aller de l’avant.
C’est voir grand, rêver grand, dessiner sa vie en grand.
C’est se mettre au rang de la Nature qui est une géante de beauté et de sagesse.

Regarder au loin, c’est tracer sa route – celle qui nous ressemble, porteuse de liberté, d’amour, de joie – et décider d’y aller quoiqu’il arrive.

 

 

Plan 3 : Assise sur le rocher, comme le Seigneur des Poissons

Assise sur le rocher, je suis comme le Seigneur des Poissons, Matsyendrasana 🔱🐬🐟🐠🐡🐟

Me voici assise sur un rocher, au bord de l’eau que je regarde : je me suis tournée vers elle, et pour cela, je tourne le dos à l’objectif. En fait, je le montre à la photographe.
Et voici ce que raconte mon dos : les plis de mon t-shirt traduisent parfaitement le mouvement de rotation de ma colonne vertébrale vers la droite. Le point fixe ici c’est le bassin, tandis que le point mobile, ce sont mes épaules qui vont lentement tourner vers la droite, à la faveur d’une expiration. Mes deux épaules restent sur une même ligne. Mon ventre est comprimé sur ma cuisse droite, tandis que mon bras gauche appuie sur mon genou droit pour accentuer le sens de la rotation ; ma main droite, derrière mon dos, appuie sur le sol pour entraîner mon épaule droite en rotation externe. Ma ma tête, elle, suit simplement le mouvement, sans aller trop loin. Et je peux admirer ainsi ce qui au départ était derrière moi : le courant du ruisseau.
Quelle est cette drôle de posture ? C’est une posture de torsion assise, nommée Ardha-Mastyendrasana (= la demi posture de Matsyendra).

Il existe deux mythes expliquant la signification de cette posture et l’origine de son nom. Dans l’un d’eux, le dieu Shiva, maître des yogis, était en train de méditer assis en tailleur face au mont Kailash, faisant dos au lac Manasarovara. Tout autour de lui, tous les êtres étaient heureux de recevoir sa sagesse. Excepté le peuple des poissons (« matsya » en sanskrit), désespérés : ils ne voyaient le dieu que de dos !! Ayant aperçu leur désespoir, Shiva tourna la tête, les épaules et le buste en direction du lac, et les poissons purent alors profiter de son rayonnement.🔆

Les effets de la posture :

Au niveau physique :

Cette posture est redoutablement efficace pour la digestion ! Grace à la compression de l’abdomen, elle stimule le feu digestif. C’est d’abord par l’élimination des déchets que l’on prend soin de sa santé, d’après la médecine ayurvédique : une mauvaise élimination est en effet la porte ouverte aux maladies. On commence par tourner vers la droite, pour comprimer le côlon ascendant et respecter ainsi le sens du transit intestinal.
Elle a une action également très efficace pour le dos, avec un effet d’essorage et d’assouplissement des muscles autour de la colonne vertébrale : des raideurs s’installent souvent dans le dos, qui empêchent le mouvement de rotation.
Elle étire toutes les structures ligamentaires et musculaires de la colonne vertébrale, et permet l’étirement intense du muscle fessier (en l’occurrence droit), avec une pression bénéfique sur le nerf sciatique. Elle permet une ouverture de la cage thoracique, notamment de l’hémithorax droit, qui favorise l’amplitude respiratoire et a une action salutaire de purification
On tient la posture dans l’immobilité pendant quelque temps, pour ensuite la quitter en douceur la posture. Vient  alors le moment de savourer la détente : c’est un peu l’effet d’un ressort qui se détend après avoir été étiré à son maximum !! 😉

Au niveau énergétique :

En sanskrit, « Matsya » signifie « poisson » : le poisson, symbole de réceptivité, de souplesse, de douceur, est relié à l’énergie lunaire (= côté gauche du corps).
« Indra » est le nom du dieu des dieux : symbole du rayonnement, de la lumière, de la connaissance, il est relié à l’énergie solaire (= côté droit du corps).
Dans cette posture, que l’on prend successivement à droite puis à gauche, on équilibre et réunit ainsi nos deux polarités Soleil (Ha)-Lune-(Tha), cette réunification étant le but du Hatha-Yoga (le mot « yoga » signifiant précisément : jonction, union).

Au niveau symbolique :

Le mouvement spiralé de la colonne vertébrale en rotation rappelle l’image de l’hélice, de la vis, ou de l’escalier en colimaçon. Il est intéressant de noter que ce mouvement hélicoïdal libère les raideurs du dos, qui expriment symboliquement touts nos blocages, nos résistances, nos conditionnements, nos peurs : tout ce qui nous empêche de faire les choix justes pour notre vie. En ce sens, on peut dire que la posture de torsion – en assouplissant notre colonne lorsqu’elle s’est raidie – nous aide à retrouver notre libre arbitre et notre esprit de décision.

 

J’aime beaucoup les postures de torsion : j’ai l’impression de m’enrouler en moi même, de me rassembler complètement dans mon centre, en même temps que de me spiraler et de m’étirer dans mon axe. C’est très agréable. 😊
Me torde pour me détordre. Me serrer pour me desserrer. Tourner mon regard. Être au plus près de moi, et m’écouler dans l’instant. ➿➰➿➰

 

 

Plan 4 : Que ressent un arbre quand il tombe ?

Melody of a fallen tree (Windsor for the Derby)

 

Que ressent un arbre quand il tombe ? Quand il brûle ? Quand on le coupe, le mutile ?
J’ai un immense respect pour les arbres. Petite, j’ai passé beaucoup de temps dans les bois. Avec mon grand-père. Avec mes soeurs et mes cousins, nous avons joué des journées entières dans les bois : c’était notre paradis, le lieu de tous les mystères et de tous les possibles. Bonheur rare dont le souvenir ne s’effacera pas.
En écrivant cet article, je rends hommage à mon grand-père, ami et amoureux des arbres. Il exerçait le métier d’exploitant forestier : drôle de nom pour un homme qui n exploitait pas les arbres, mais les aimait !

Face à la déforestation massive et à la destruction des arbres, opposons le respect et l’amour que nous portons à ces grands végétaux, poumon de la planète : on respire un air pur en forêt, un air qui nettoie et revigore en douceur. Et si nous le pouvons, plantons des arbres !
Même rien qu’un seul dans notre jardin.

La déforestation au niveau mondial (chaque année, 13 millions d’hectares de forêts sont détruits), non seulement transforme (déforme) le paysage, mais abîment la planète en la privant des richesses que nous apportent les arbres : piliers de notre Terre, ils luttent contre le changement climatique, stoppent la désertification, protègent la biodiversité, fournissent d’innombrables services écologiques.
En France, et en particulier en Bretagne où je vis, depuis le remembrement des années 1960, on continue d’arracher plus de bocages et de haies qu’on en plante. Ce bocage est pourtant essentiel à la préservation de la biodiversité et des écosystèmes.
Des fondations s’impliquent dans la reforestation, comme « Plantons pour la planète ».

Aimons les arbres, côtoyons les, écoutons les, dialoguons avec eux, ils ont tant et tant à nous dire et à nous offrir : un abri, un refuge, une cabane de verdure, l’ombre de leur feuillage lorsqu’il fait chaud, la puissance de leur tronc pour s’adosser, leurs branches où s’agripper.
Et surtout cette force formidable, que je leur envie les jours où je me sens toute petite…
En étant auprès d’eux, ma force renaît : alors, comme eux, je deviens grande. 🌳💚🙏🏾

 

 

 

Plan 5 : La posture de Krishna jouant de la flûte

J’aime beaucoup cette posture : le dieu Krishna jouant de la flûte. Toute en légèreté et en grâce. Et en musique !
Krishna est un avatar (= une des incarnations) du dieu Vishnou, l‘un des trois dieux de la Trimurti – ou Trinité – hindoue. Il est gracieux, généreux, attirant, séducteur, espiègle et loyal.
Il symbolise l’amour céleste.
Il est souvent représenté jouant de la flûte, ou avec son épouse, Râdhâ, ou bien entouré de vaches et de bergères tombées sous son charme.
Son teint est foncé, représenté en noir ou en bleu : on dit qu’il serait né d’un cheveu noir que Vishnou aurait déposé dans la matrice de sa mère Devakî. Sa couleur indiquerait aussi son origine pré-aryenne, c’est à dire dravidienne ; le dieu est apparu en effet tardivement dans le panthéon hindou.

Je ne sais pas jouer d’un instrument de musique. J’imagine alors que de mon souffle, à travers la flûte, émane quelque chose de moi. Quoi ? Ma musique à moi. Le son de ma voix, quand je parle, quand je chante, quand je chuchote, quand j’enseigne et guide mes élèves avec mes paroles. Ma voix, tour à tour douce, grave, profonde, légère, pétillante, posée ou rapide, tintinnabulante quand je ris. Et lorsque ma voix sort de la flûte invisible de Krishna, c’est le son de la grâce et de l’amour.

La voix, c’est le langage vivant, vibrant, sincère, de ce que disent, en silence, les mots.
La voix ne triche pas.
La voix dit qui nous sommes vraiment.

 

Plan 6 : Auprès de mon chêne

Rien de mieux que de s’allonger sous un chêne pour recharger mes batteries !! 😉 😊
Il y a dans cette attitude de la douceur, de la sensualité, de l’énergie, de la détermination et de la joie.
Parce que le chêne symboliquement incarne la force, l’endurance, la résistance et l’ancrage.
En se reliant à l’énergie du chêne, on prend conscience de notre capacité à aller jusqu’au bout des choses que l’on entreprend.
Le chêne est également un symbole de fertilité et de créativité. Il nous éveille à la sensualité, célèbre l’acte sacré de la sexualité.
C’est un arbre majestueux porteur de promesses et de sagesse, qui nous aide à réaliser nos rêves.

Allongée sous le chêne, je réfléchis à quelles chaînes je me sens reliée : à quelles familles ou lignées je me rattache, de gré ou de force ?? Et quelles sont précisément les chaînes que j’ai envie de délier, afin de ne me sentir enchaînée d’aucune manière. Quels liens libres et solides, souples et fiables je veux créer. A quelles familles d’âmes je me sens unie.

Rester auprès du chêne, c’est me sentir bien incarnée dans mon corps, c’est me relier à ma créativité, mais aussi choisir en conscience quels liens je veux précisément créer pour ma vie, et avec quelles personnes je veux développer cette créativité et partager mes valeurs.

Belle aubaine que de s’allonger impertinemment sous un chêne !! 😉 😊

 

Une jolie chanson me revient en mémoire : Auprès de mon arbre de Georges Brassens.

 

 

 

Plan 7 : Pratiquer le yoga, c’est créer des formes avec mon corps

Pratiquer des postures de hatha yoga (asâna), c’est sentir mon corps du dedans, sentir mes articulations, mes tissus, mes organes, comprendre les processus métaboliques, connaître et reconnaître mon anatomie, ma morphologie, ma structure globale.
C’est sentir mon centre, et chercher à équilibrer les différentes forces en jeu, elles mêmes soumises aux lois universelles. C’est faire de la géométrie et de la physique appliquées !! 😉 😊Ce qu’on appelle la biomécanique est une science qu’on pratique sur soi quand on fait du yoga.
Le yoga est une discipline qui nous met sur le chemin de la connaissance de soi.
Si je veux construire une forme stable et d’harmonieuse, il est préférable de la bâtir sur un espace que je connais, que je maîtrise, en lequel j’ai confiance !!
Le hatha yoga est une expérience, un vécu pratique, concret, vivant. Il n’est ni académique ni formaliste. La posture est l’expression de la Vie qui passe à travers soi, et d’abord à travers le corps en tant que structure et en tant que forme.
« Forma » en latin signifie « moule », « objet moulé ». Créer des postures de hatha yoga, c’est faire de mon corps un objet au service de mon élan de vie : quelle forme ai je envie de donner aujourd’hui à ce qui traverse mon esprit, mon coeur, mon âme ?? C’est demander à mon corps d’être le « moule » qui accueille qui je suis, d’être en somme une forme-ressenti. Mais ne nous y trompons pas : la forme que l’on voit au dehors vient du dedans.
De là vient l’erreur (trop) fréquente de vouloir « imiter » des postures, ou de décider volontairement de « faire » ou de « réussir » telle posture.
Alors que la posture se cherche à l’intérieur de soi. Elle se crée à partir d’une écoute profonde et honnête de soi, et non dans un vouloir-faire volontariste.
La racine AS- du mot « asâna » en sanskrit traduit l’idée de stabilité : sans stabilité intérieure, point de posture, point de forme, point de beauté !! Sans stabilité, la forme sera figée dans une idée intellectuelle, ou bien bancale, non harmonieuse, insipide…
La beauté de la posture vient précisément de cette recherche, de cette écoute et de cette connaissance. Elle n‘est absolument pas « formelle » !! En revanche, elle est très précise et rigoureuse : un changement de quelques centimètres, voire de quelques millimètres, va permettre à la forme d’aboutir, ou pas !! 😉 😊
Si la beauté de la forme ainsi créée transparaît en dehors, c’est uniquement parce que je la ressens au dedans : la beauté résulte de la réunification des différentes parties de moi, que je sculpte avec le plus bel instrument qui soit : mon corps. En somme, je suis la metteuse en scène et mon corps est l’acteur. D’où me vient l’inspiration ? De mon intuition, de l’observation de mon ressenti présent, et de ma respiration qui me tient en un tout uni.
C’est comme un puzzle qui se construit petit à petit à partir de l’assemblage cohérent de chacune de ses pièces. Ou comme le marin sur son bateau qui, après avoir attaché solidement les voiles aux mâts, suit le courant et la direction du vent. Ou encore, comme le morceau de musique qui s’élabore à partir de l’architecture harmonieuse d’un ensemble de notes, de sons, de tons, de rythmes et de silences.

Dans la construction de la posture de hatha yoga,  il est question à la fois d’équilibre des forces internes et de négociation avec les forces cosmiques (gravité, attraction terrestre). Il est aussi question d’angles, de lignes, de centre, d’axe, d’alignement.
Mais également de point de vue : qu’est ce que je veux dire de moi avec cette forme ? M’ouvrir ou au contraire m’enrouler, grandir ou m’étaler, tourner ou glisser, me stabiliser ou tenter un équilibre périlleux, devenir minéral ou faire sortir de moi l’animal, ou encore opter pour la fluidité du végétal ??

Comment faire durer la posture ? En restant sur le fil de mon souffle. Toujours amarrée au souffle, toujours reliée à mon centre, toujours à sa recherche quand je le perds…

Enfin, créer des formes avec mon corps me donne tout simplement de la joie !!  😊
Chaque expérience est unique. Chaque posture est unique. Chaque émotion de joie suscitée est unique. Chaque instant est unique. Totalement, intensément vivant.
Rien n’est jamais figé, tout est toujours à créer et à recréer.

 

 

 

 

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Plan 8 : Se laisser trouver

Ce banc de pierre, perdu au milieu des bois, comme fondu dans la nature. Et moi, assise, faisant une avec le banc. On dirait qu’il n’attendait que moi, ce banc !! On se demande même si c’est moi qui suis sur le banc, ou si c’est le banc qui est en dessous de moi… 😉 😊

J’aime être surprise : ne pas chercher, me laisser trouver.
On pourrait dire aussi : lâcher prise, c’est à dire cesser de vouloir tout contrôler, car ce serait mission impossible.
Parfois les surprises rencontrées en chemin ne sont pas vraiment agréables : la plupart du temps, c’est que je n’étais pas assez centrée, pas assez en accord avec moi même, trop dans l’attente, ou au contraire trop dans le doute, bref : dans le contrôle et la peur.

Se laisser trouver, cela veut dire aussi : faire confiance, avoir la Foi. Aller quelque part sans savoir vraiment pourquoi ni où mes pas me mèneront… mais y aller totalement, intensément. La Vie pourvoira au reste. 🙏

Et c’est là que, arrivée au milieu des bois, je tombe sur ce banc où je peux m’asseoir…. et créer des formes avec mon corps !!

 

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J’aime les postures de triangles, très géométriques, elles se déclinent dans plusieurs directions de l’espace, par exemple dans l’étirement, la flexion vers l’avant, la flexion latérale, la torsion…
Elles symbolisent pour moi l’ouverture, l’accueil… la confiance.⭐️

 

 

Plan 9 : Dans le bois sacré

Pénétrer dans la forêt. Cueillir l’instant. Sentir. Ecouter. Admirer.
Courir. Jouer. Crier. Chanter. Sautiller. Se cacher.
S’allonger sur la terre, le corps sur la mousse. Ou le dos contre un arbre, lever les yeux et entrapercevoir la beauté du ciel à travers le rideau de feuillages.
Glisser les pieds dans l’eau glacée du ruisseau.
Vivre l’intensité du contact avec la matière, faire corps à corps avec la Nature. Sentir couler la Vie en soi comme la sève dans les plantes.
Dialoguer avec les oiseaux et recevoir de leur chant la puissante mélodie, souvent sans même les voir.

Rituels. Cercles. Joies et terreurs. Silence. Magie. Incantations.
Depuis la nuit des temps, les humains se rassemblent dans les bois, s’unissent aux esprits de la forêt comme à de petites lumières éclairant l’obscurité.
La forêt bretonne, riche de ces présences invisibles – et ce n’est pas une légende ! 😉  – invite merveilleusement à se connecter à plus grand que soi.
Humilité et joie d’être là, de faire partie de ce monde : comme une petite fée des bois, présente, vivante, vibrante, je retrouve ma nature minérale, végétale et animale à la fois. C’est peut être cela la magie…. ☀️

On évite toutefois d’y demeurer trop longtemps seul.e, dans les bois… de peur d’être happé.e par les forces de la nuit, les bêtes sauvages, les monstres intérieurs…

Dans la cosmologie celtique, le bois sacré est comme un temple : un espace sacré propice à la méditation, à la prière, à l’initiation, à la communication avec les ancêtres, à la connexion avec l’Esprit, avec l’intelligence universelle…
Le bosquet sacré correspond à la célébration de la fin de l’année celtique, au moment de la fête de Samain, qui correspond à la Toussaint et à Halloween.
L’étymologie du mot « sacré » (la racine sak-) est la même que celle du mot « saint » : est sacré ce qui appartient au monde du divin et diffère essentiellement du domaine de la vie courante des hommes (le profane). Et c’est par l’accomplissement de rites définis qu’on passe du profane au sacré.

Que veulent dire espace sacré et dimension spirituelle ? Sacrifier l’ordinaire à l’extraordinaire, le prosaïque au poétique, le profane au sacré.
En ce sens, méditer en silence dans la Nature, ou pratiquer le yoga sont des pratiques à visée spirituelle.
N’importe que lieu peut devenir sacré à nos yeux et dans notre coeur, pour peu qu’il nous invite à vivre une expérience qui sorte de l’ordinaire. Un rituel, c’est peut être tout simplement un moment et un lieu où l’on se sent intensément vivant et uni : uni, c’est à dire à la fois rassemblé en soi même et relié à quelque chose d’autre que nous (la Nature, l’Univers, une autre personne, un groupe…).
Où qu’il soit, un bosquet constitue un bois sacré. Il suffit simplement de le visualiser pour se connecter à cet espace sacré et lui demander de nous révéler ses secrets…

 

Et toi, quels sont tes rituels ? Quelles sont les pratiques spirituelles qui te font du bien ? Où aimes tu vivre une expérience hors de l’ordinaire ? Où est ton bois sacré ? Où est ton temple ? 🙏☀️

 

 

 

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Bibliographie :
Dictionnaire des Symboles, de Jean Chevalier et Alain Gherbraant
Revue Française de Yoga, Postures de rotation, n° 8, 1993
Dieux et Déesses de l’Inde, Stéphane Guillerne
Le Chien tête en bas, de Clémentine Erpicum
Dictionnaire Robert de l’étymologie du français

 


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